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Jérémy Dey : "Pour moi, c'était invraisemblable..."



Jérémy Dey, gaucher au "jeu polyvalent", s'appuie, entre autres, sur une grosse frappe de balle. Photo Nicolas Petit

Le numéro 1 calédonien, Jérémy Dey, 119e mondial grâce à des résultats intéressants obtenus l'an dernier en Australie et en Papouasie, est invité à participer à une étape du circuit mondial, à Singapour. Le gaucher de 34 ans, qui a d'abord eu du mal à y croire, entrera lors de la phase de qualifications, mardi.


Ma Long est une légende vivante du tennis de table. Le Chinois est double champion olympique en titre (2016, 2021) et triple champion du monde (2015, 2017, 2019). À 34 ans et malgré la relève qui pousse, il reste aujourd'hui numéro 2 de la planète ping, derrière le champion du monde en titre, compatriote et lui aussi droitier, Fan Zhendong (26 ans).

Avec une grosse dose de talent (pour passer les qualifications) et un peu de réussite (pour le tirage au sort du tableau principal), Jérémy Dey (34 ans) pourrait, en fin de semaine, se retrouver à affronter l'une des deux stars de la discipline. Impensable il y a encore trois semaines.

Un court délai Facteur sur Nouméa, le gaucher calédonien n'avait pas prévu de poser deux semaines de congé pour s'envoler à Singapour. Dans la seconde partie de février, "un coach australien m'a demandé", via les réseaux sociaux, "si je venais ou pas au Singapour Smash, parce que j'étais sur la liste des inscrits". Surprise ! Car Jérémy Dey n'a fait aucune démarche en ce sens. En réalité, "l'inscription était automatique" au vu de ses résultats l'an passé aux championnats d'Océanie (8e de finale) puis à la Coupe d'Océanie (demi-finale). Il consulte alors la liste des engagés. "Je vois le numéro 1 mondial..." Les noms défilent, "jusqu'au 25e". Le sien n'apparaît pas encore. "Je me dis : ''je ne peux pas y être...'' Pour moi, c'était invraisemblable..." Finalement, si, il y est bien, en compagnie de quelques autres pongistes océaniens (tous dans les 148 premiers mondiaux, plus cinq invités locaux) et donc des meilleurs mondiaux. Le numéro 1 calédonien (au niveau proche de Jérôme Morisseau et Adrien Perrot sur la scène territoriale) contacte alors l'organisation du tournoi. Elle lui répond qu'il doit confirmer sa participation dans trois jours. Trop court pour tout gérer (vacances à poser, billets d'avion avec réduction via un partenariat entre Aircalin et le CTOS, hébergement). Jérémy Dey demande un délai de trois jours supplémentaires, c'est accepté. Au final, le projet se finalise.

"Moins d'options" "Je suis hyper content. J'ai toujours voulu voir un tournoi de ce niveau en tant que spectateur", et puis, bien sûr, "toujours rêvé de jouer contre l'un de ses joueurs". Et voilà que Jérémy Dey se retrouve invité à la table des plus grands, vingt ans après ses premiers échanges. L'histoire est belle pour un homme largement impliqué dans son sport : joueur, ex-entraîneur lors des Jeux du Pacifique 2019, responsable de la commission sportive au sein de la Ligue, président du club de l'Olympique... "Ce n'est pas tombé du ciel. C'est du travail et de l'investissement."

En récompense, il sera aidé financièrement (Ligue, club) pour ce déplacement, faisant de lui le premier pongiste calédonien à prendre part à un tel tournoi. Pourra-t-il rivaliser avec ces cadors, qu'il a "tous déjà vus jouer" en vidéo ? "Je pense que je vais avoir du mal", prédit-il, se basant sur ses expériences face à des Australiens. Lorsque le niveau s'élève, "les balles" adverses "sont un peu plus basses, tournent un peu plus vite, sont un peu mieux placées, tu as beaucoup moins d'options, tu te fais souvent agresser facilement". Soigner sa mise en jeu est important pour espérer ensuite contrôler l'échange. "Je sers plutôt bien", rappelle Jérémy. Reste à connaître "la capacité des adversaires à lire" ce service. Si en face c'est Ma Long, Fan Zhendong ou Wang Chuqin (le numéro 3, un gaucher), le retour peut être brutal. "Je pense que je vais être impressionné par la vitesse. Pour moi, c'est inimaginable, je ne sais pas comment ils font..." REPÈRES 19 sur 20 Auparavant, le circuit mondial passait "par les Fédérations". Ainsi, "c'était impossible" pour Jérémy d'y participer, à moins d'"intégrer l'équipe de France", au niveau élevé. Depuis deux ans, le circuit a été repensé. Il est géré par la World table tennis (WTT) et c'est le classement mondial qui compte. Plusieurs niveaux de tournoi existent. Celui de Singapour est l'une des compétitions majeures. Le vainqueur gagnera, en plus de points pour le classement, 100 000 dollars (11,2 millions de francs). Dans le tableau principal il y aura quasiment tous les joueurs figurant parmi les 58 mondiaux (19 des 20 premiers sont annoncés), plus quatre invités locaux. Viendront s'ajouter à ceux-là les pongistes issus des qualifications. Ces dernières devraient réunir environ 70 joueurs (de nombreuses nationalités sont représentées), dont Jérémy Dey.

Du début à la fin Certains matchs seront filmés, mais peut-être pas tous. Pour être certain de conserver une trace de son passage dans le tournoi, le Calédonien, parti dimanche, a apporté "un trépied", pour filmer ses matchs, entre autres. Qu'il franchisse ou non le stade des qualifications, Jérémy Dey, qui amène deux raquettes (une de secours), a prévu de rester toute la durée du tournoi, du 7 au 19 mars, pour "profiter au maximum". Et, parce qu'aux côtés des plus grands, "il y a beaucoup à apprendre".


Source A. Fillet - lnc

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